j'avais dit que j'y reviendrai ( référence ici )...

Ah le mystère de ce que je fais de mes journées...(un mystère aussi pour SuperHéros)

En réponse, la chronique de la vie d'une truffe (n°5), écrite avec mon amie Léna (que j'embrasse fortissimo), lorsque nous étions en Italie, et que nous écrivions à deux mains, pour le trimestriel Trait d'Union.

ça mange pas de pain, mais ça laisse des miettes.

 

un mois ici et voici la localisation du container (avec ma cire dedans)

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Chronique de la vie d'une truffe

Les Truffy Riot

 

Depuis 6 mois, 1 an, 5 ans, une vie, mon pays, c'était la France, l'Allemagne, la Chine, la Belgique ou l'Inde. On avait nos repères et nos repaires. Aujourd'hui, on a quitté notre pays, on est une expatriée, une détachée, une impatriée. Bref ! Tout est à refaire.

Les sites Web de conseils et la littérature à l’intention des conjoints d’expatriés (majoritairement encore, des femmes) foisonnent. On y apprend notamment que s’expatrier, c’est prendre des risques…d’attraper la malaria, contracter la dengue, chopper la depression. Mais tout ça, c’est pipi de chat, à côté du risque majeur de divorcer (3 couples d’expatriés sur 5 finissent par se séparer).

L’expatriation cause du divorce ou le divorce consequence de l’expatriation ? Ne prenez pas peur ! Deux solutions s’offrent a nous: sculpter son corps de truffe et tout miser sur le physique, la secrétaire de Super-Héros n’a qu’à bien se tenir…ou bien devenir (ou rester pour les déjà nanties) des truffes épanouies et pas nouilles (au pays des pâtes). Avant de détailler cette dernière solution, comprenons comment nous en sommes arrivées là.

90% des femmes d’expatriés travaillaient dans la vie d’avant. Elles sont souvent diplomées voire surdiplomées. Mais à peine sorties du deuil de leur sacro-saint statut social (étape souvent trop negligée…), elles se retrouvent à devoir répondre aux questions telles que “et tu fais quoi de tes journées ?”, “tu as retrouvé du travail ?”, “je ne te réveille pas ?” (alors qu’il est 11 heures AM…)

C’est alors que la truffe perd confiance, peine  à s’affirmer et a la désagréable impression de se justifier. Elle a le sentiment de devoir trifouiller dans son emploi du temps pour y dénicher enfin une “occupation” digne de légitimité…Et voilà comment on en est arrivées là…

Pourquoi l’alterité serait-elle, ici, trop souvent synonyme d’infériorité ? Pourquoi la valeur d’une personne se mesurerait-elle uniquement au nombre de zéro figurant sur sa feuille de paye ? (il y en a un sur ma plaque d’immatriculation, y compte pas ?), à son statut social ?

Comment réagir ?

- montrer ses seins pour se faire entendre ? selon le mode opératoire des ukrainiennes du Femen ?

- monter un groupe punk, les truffy riot ? (appel à truffe, il nous manque la troisième fille– envoyer CV à la rédaction qui transmettra)

Non, juste poursuivre sa route et développer son mode projet. Et comprendre que la truffe est simplement victime du syndrome “zezette épouse X”, elle ne rentre pas dans les cases des sédentaires !(Tant qu’elle n’est pas victime du fer à souder… Dieu merci Super-Héros, contrairement à Félix, n’est pas bricoleur…)

Et bien oui, “ça dépend-ça dépasse”, la truffe, c’est pareil… Parce que des qualités, elle n’en manque pas: d’abord, plein de qualités en –té : adaptabilité, flexibilité, humilité, solidarité,  mais pas que : ouverture d’esprit, patience, humour et empathie.  Et si ces dernières ne sont pas innées, la truffe a la délicatesse de les développer.

Parvenir à se réaliser dans le sillage de Super-Héros (être la Loïs de son Clark c’est tout un art…), à vivre en toute sérénité sa vie en pointillés, c’est son grand défi et la solution pour faire partie des 2/5èmes.

La truffe est un facteur clé de de la réussite de la mission “expatriation” de Super-Héros. Sachez-le !

Alors, choyons-nous, choyez-nous !

Et acteurs péripheriques, cessez vos questions, les Truffy Riot, ça dépend et ça vous dépasse…

Bref, et la truffe s’insurge… 

 

Truffe = en verlan « effurt » (à prononcer avec un léger accent germanique). La truffe ne les ménage pas, sans y paraître.

Truffe = personne qui, une fois la frontière passée, perd (temporairement) en compétences mais gagne en aptitudes (dont celle majeure de porter un regard amusé sur sa nouvelle vie et celle de ses comparses).