En écho à Desproges, au lieu de bonne rentrée, j'ai mis "bonne rentrée mon cul" ("Au lieu de bonjour à tous , j’ai mis bonne année mon cul . C’est net, c’est sobre, et ça vole suffisamment bas pour que les grossiers trouvent ça vulgaire. ») 

Je reprends la plume, des auréoles sous les bras (et je sais que les parisiens me les envient  sous 17 degrés à l'ombre d'un nuage). Je reprends la plume après avoir géré le décalage horaire, position brasse coulée, devant les championnats européens de natation (j'ai depuis enchaîné, position arbitre de chaise (vous remarquerez mon évolution darwinienne) devant l'US Open). Et je reprends la plume sans la réponse à la question obsédante : mais pourquoi, dans la discipline plongeons, les plongeurs portent-ils leur slip de bain si bas ?

Bref, une rentrée décalée, le 15 août. Jour de l'assomption, qui célèbre, selon une tradition bien connue, le transport miraculeux du corps et de l'âme de Marie (une auréole autour de la tête -chacun la/les siennes)  au ciel une fois celle-ci morte,  sans connaître la corruption physique qui suit la mort. Bon, moi aussi, ce jour-là, j'ai connu l'assomption, vivante, mais terrorisée que la mort s'en suive, dans ma montée au ciel d'environ 14 heures (Genève-Dubai/Dubai-Taipei). Tout pareil que la Marie, sans corruption physique, sinon un mélange très réussi lexomyl-Cosmopolitan, ayant entraîné une légère altération de mon jugement. Pour preuve, toute la durée du vol, j'ai béni Superhéros pour le voyage en business en le maudissant du retour à Taipei. A posteriori (et à jeun), je prends la mesure du paradoxe.

Bonne rentrée mon cul donc ou comment vivre sa rehab.

J'évoquais il y a deux mois dans mon dernier post des retrouvailles avec la France, l'arrogance, le vin rouge et les yeux ronds. Aucune adaptation n'a été nécessaire. Retour direct en Italie, où j'ai trouvé tout tellement beau et surtout mes amis. Puis la France, où j'ai trouvé tout tellement beau et surtout mes amis et ma famille. Danse et chant de joie, un immense cri d'amour (une fête mariale en somme (légèrement gâchée par la répétition du comment c'est là-bas et du sempiternel tu fais quoi de tes journées)). Un totus tuus Francia.

A la sainte Marie, je me trouva (et trop vite) fort marrie quand la bise (des au revoir) fut venue. Que faisiez-vous au temps chaud (enfin bon, on s'est quand même bien pelé cet été) ? Nuit et jour à tout venant, je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise. Eh bien! dansez maintenant.

Je ne sais pas pour la cigale, mais moi, j'ai plutôt pleuré. Dans mon dernier post, je vous parlais aussi du désoeuvrement de la conjoint-suiveur. Une réalité de rentrée.

Des signes de manque se sont vite faits sentir comme le chant de la sirène nicotine et ses je t'aime comme un fou comme un soldat comme un loup comme un roi comme un homme que je ne suis pas (???). Mais la reprise du tabac mauvais ne soigne pas l'addiction aux bons amis.

Le chocolat m'a promis le changement, c'est maintenant. Or, une boulimie de sucreries, (non seulement, ça peut mener aux sans-dents) mais ça ne pallie pas les bonnes poilades avec les amis (d'autant que les rires, si t'a plus de dents et si en plus t'as viré sumo, c'est ni très esthétique, ni gagnant/gagnant).

Bref, une vraie rehab, une période de sevrage en décalage. 4 mois en Asianistan suivis de 2 en France, et tout est à refaire, lost in translation à nouveau. J'ai découvert qu'assomption vient du latin assumptio : action d'assumer, de prendre en charge. Je vais donc oeuvrer à mon assomption, sous le soleil de Taipei. Où es-tu Bob Harris ? Parce que j'ai finalement décidé après vingt jours (de délai de carence), mon évolution terminée, position chasseur-cueilleur à nouveau, que c'est le moment de plaiser.

Je vous souhaite une bonne rentrée!

 

tomdaleyTom Daley, plongeur britannique spécialiste de la plateforme de 10 mètres

 

IMG_3230merveilleux chemisier trouvé à Taipei, boutique Olive des Olive...